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GMCDI In the News

April 12, 2007
Des Montréalais anglophones s'inquiètent de leur avenir

Ariane Lacoursière
La Presse

«Papa, est-ce que parler anglais c'est mal? Pourquoi les autres ne veulent pas de nous?» Quand sa fille lui a posé cette question, le Montréalais Gandhi a été ébranlé. «J'ai réalisé que les anglophones sont des citoyens de deuxième classe à Montréal et que la fierté de notre langue se perd», dit-il.

Tout comme plus de 150 résidants de la grande région métropolitaine, Gandhi a décidé de prendre part au forum sur l'avenir des anglophones à Montréal. La rencontre, organisée par la Greater Montreal Community Development Initiative (GMCDI), s'est déroulée hier soir à l'hôtel Bonaventure.

Toute la soirée, les participants gens se sont succédé au micro pour dénoncer certaines situations. «Notre communauté se dissout!» a lancé un d'entre eux. «Les partis politiques actuels ne nous représentent pas», a dit un autre. «Quand on va au magasin, on ne peut presque jamais se faire servir en anglais. On n'est pas accepté», a déclaré un résidant de Laval.

De tous ces témoignages, un constat ressort : les anglophones semblent trouver qu'il est de plus en plus difficile de vivre à Montréal sans parler français. «Ils sentent qu'ils ont moins de visibilité dans la province, surtout à Montréal. Ils se sentent de plus en plus minoritaires», affirme Sylvia Martin-Laforge, directrice générale du Quebec Community Groups Network qui a co-organisé le forum.

Pourtant, plus de 400 000 anglophones résident à Montréal et dans les environs, chiffre stable depuis quelques années.

 Discrimination

Don Taylor, de la GMCDI, estime que les anglophones pensent qu'ils perdent de l'importance car ils se sentent de plus en plus victimes de discrimination. «Pour occuper un emploi bilingue au Québec, il faut très bien parler français, mais seulement un peu anglais. Si vous parler très bien anglais mais un peu français, vous ne pouvez espérer avoir ce poste», illustre M. Taylor, qui déplore cette politique du «deux poids, deux mesures».

En organisant ce forum, la GMCDI a voulu avoir une vue d'ensemble des réalités vécues par les anglophones de Montréal pour mettre au point un plan d'action. Elle analysera les commentaires recueillis hier soir et au cours de cinq autres forums locaux organisés au cours des dernières semaines. Les conclusions principales seront inscrites dans un rapport qui sera publié à l'été.

Mais déjà hier, certains participants y allaient de suggestions pour améliorer leur sort. «Il faut changer la loi 101», a proposé le Lavalois Harold Forester. «Il faut créer un parti politique anglophone», a suggéré le Montréalais Allan Nutik.

 

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