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19 septembre 2007 Les anglos se sentent négligés La Presse Lacoursière, Ariane
Au cours des dernières années, la communauté anglophone de Montréal s'est faite trop discrète et c'est pourquoi il est temps qu'elle prenne plus de place, clame la Greater Montreal Community Development Initiative. Pour y parvenir, l'organisme propose qu'un plus grand nombre d'anglophones soient embauchés dans la fonction publique et que Santé Canada finance mieux les soins médicaux anglophones dans la métropole.
Depuis le début de l'année, la Greater Montreal Community Development Initiative (GMCDI) a tenu différents forums à Laval, à Longueuil et à Montréal pour entendre les préoccupations des citoyens de langue anglaise. Dès les premières rencontres, la GMCDI a réalisé que les 700 000 anglophones qui vivent dans la grande région métropolitaine n'ont plus le même visage qu'avant.
Plus de la moitié d'entre eux sont nés à l'extérieur du Québec, comparativement à 17% des francophones. Conséquence: la communauté anglophone est de plus en plus morcelée et elle peine à assumer son leadership.
"Au cours des 30 ans qui ont suivi l'adoption de la loi 101, la communauté anglophone du Grand Montréal a subi des changements spectaculaires. L'évolution de la plus importante minorité linguistique vivant au sein d'une autre minorité linguistique au Canada a donné lieu à l'émergence de défis", peut-on lire dans le rapport obtenu par La Presse et qui sera publié ce matin.
Selon le rapport, l'un des défis des citoyens de langue anglaise est d'intégrer plus facilement le marché du travail. Car présentement, le risque d'être sans emploi chez les anglophones est 24% plus élevé que chez les francophones. Par exemple, les personnes de langue anglaise sont sous-représentées dans la fonction publique: "Elles n'occupent que 9% des postes, même si elles représentent 25% de la population active", dit le GMCDI. L'organisme aimerait que de meilleures formations linguistiques soient offertes aux travailleurs anglophones pour que ceux-ci deviennent des candidats plus attrayants.
Outre les problèmes d'emploi, un autre enjeu qui préoccupe particulièrement les anglophones est l'absence de services de santé en anglais dans certains secteurs de la ville. "Cette situation est associée au faible nombre de professionnels anglophones de la santé", dit le rapport. Pour pallier ce déficit, le GMCDI propose que Santé Canada augmente ses fonds de soutien au développement de soins médicaux anglophones à Montréal.
Efforts des anglophones
Comme pour prévenir les protestations de ceux qui jugeront ses recommandations excessives, le GMCDI affirme que le désir des citoyens de langue anglaise "n'est pas incompatible avec la promotion et la protection du français". Pour prouver ses bonnes intentions, l'organisme dénonce le fait que les jeunes qui fréquentent les écoles anglaises de la province maîtrisent très mal le français. La GMCDI propose donc de développer des approches novatrices pour que l'enseignement du français langue seconde soit plus efficace dans les écoles.
Le président du comité organisateur de la GMCDI, Don Taylor, estime que le rapport de son organisme "reflète les opinions concernant les enjeux et les priorités de la communauté anglophone de Montréal". La série de recommandations qui est faite servira principalement à "aider les anglophones à mieux se mobiliser et s'entraider pour le bien-être de la communauté", dit-il.
Encadré(s) :
ANGLOPHONES À MONTRÉAL Vaudreuil-Soulanges : 3,4% >Montréal-Est : 5,1% >Laval : 7,6% >Rive-Sud : 8,8% >Ouest-de-l'Île : 18,7% >Montréal-Centre : 56,4%
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