GMCDI In the News
25 septembre 2007 Arme de séduction Le Devoir Chouinard, Marie-Andrée
Selon un rapport tout juste produit par le Comité consultatif de la Greater Montreal Community Development Initiative, la communauté anglophone de Montréal aurait du plomb dans l'aile. Peu mobilisée, désengagée politiquement, elle assisterait, impuissante, à l'érosion de sa capacité de travail en français et au déclin démographique nettoyant ses écoles.
Camouflée dans un sombre portrait clignote toutefois une lumière: et si l'élection scolaire du 4 novembre devenait l'occasion de réveiller une communauté languissante? S'il est porté de manière efficace, ce message pourrait bien être la planche de salut des commissions scolaires anglophones: là réside l'espoir de regagner une certaine légitimité.
De 53,4 % qu'il était en 1998 - au lendemain d'un vibrant débat sur les commissions scolaires linguistiques -, le taux de participation aux élections scolaires a chuté à 14,6 % en 2003 du côté anglais. Alors qu'il contenait 250 000 élèves en 1976, le bassin d'élèves n'en comporte maintenant que 110 000. Sur un horizon de dix ans, les projections sont toujours et encore à la baisse...
Ces ingrédients contribuent à la préparation du parfait petit cocktail politique nécessaire pour mener campagne autour de l'avenir du réseau scolaire anglophone. «[Nous représentons] le seul palier de gouvernement élu exclusivement par des personnes qui s'identifient aux communautés anglophones du Québec», ne manque pas de rappeler l'Association des commissions scolaires anglophones du Québec. Conjugué à un portrait misérabiliste et attristant, tel est le type d'argument qui pourrait faire courir les citoyens jusqu'aux bureaux de scrutin. Le quotidien The Gazette n'a-t-il pas, dans sa page éditoriale, invité les lecteurs à aller voter?
La communauté anglophone du Québec, minorité au sein de la minorité, frappe dans le mille en invitant les citoyens à témoigner son intérêt pour la survie du groupe linguistique à travers un soutien au réseau scolaire. Que cela corresponde à un vrai péril, peu importe; il s'agit là d'une arme de séduction politique qui n'a pas son égal du côté scolaire francophone et qui livrera certainement ses bénéfices.
© 2007 Le Devoir. Tous droits réservés.
|